Sans le coeur culturel et patrimonial constitué par la noble Bastide de Sainte Foy la Grande, Pineuilh ne serait qu'une commune périphérique parmi d'autres, éloignée de la métropole bordelaise et coincée entre deux agglomérations dynamiques, celles de Bergerac et Libourne.
A l'inverse, sans Pineuilh, son potentiel de développement, ses disponibilités foncières et ses zones d'activité, la vieille Bastide fondée en 1255 ne serait qu'une sorte de musée vivant, corseté par 50 hectares, chargé d'histoire certes, mais inévitablement figé dans un passé glorieux où Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, côtoie d'autres gloires locales, d'Elie Faure à Elysée Reclus, en passant par Paul Broca...
Bref, pour reprendre le mot de La Boétie à propos de son amitié pour Montaigne, Pineuilh et Sainte-Foy "se mêlent et se confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes".
Qu'on le veuille ou non, Pineuilh et Sainte-Foy-la Grande sont donc condamnées à s'entendre parce qu'elles forment un inévitable couple territorial dont les noces et la communauté de biens devront, tôt ou tard, être célébrées. Un mariage que le langage politico-administratif désigne du nom barbare de "fusion".