Le carnet de Florent Boudié

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dimanche 15 août 2010

Paradoxe des 35 heures

La dernière livraison de l'OFCE tord le cou à une idée reçue : la mise en oeuvre des 35 heures, par le gouvernement de Lionel Jospin, n'a en rien dégradé la compétitivité des entreprises françaises à l'international. Au contraire! Elle l'a maintenue à flot alors que, dans le même temps, certains de nos partenaires, à l'image de l'Italie, déccrochaient sérieusement.

"Loin des idées reçues, affirme l'OFCE, au cours de la période suivant la mise en place des 35 heures, l’évolution de la compétitivité a été bien plus favorable en France que chez la plupart de ses voisins européens, grâce à une modération salariale et d’importants gains de productivité dans l’industrie (+2,4 % annuels sur la période), secteur qui est le principal contributeur aux échanges commerciaux mondiaux."

Le déccrochage de la compétitivité française, note l'OFCE, n'est intervenu qu'au tournant de l'année 2003... et se prolonge aujourd'hui encore.

Le vrai paradoxe des 35 heures est d'avoir boosté la compétitivité internationale des entreprises française aux dépens des salariés qui subirent alors une réelle et profonde modération salariale. On peut même dire que la modération salariale fut la condition implicite de la réussite des 35 heures et de son application par les entreprises.

Et l'on retouve là les enjeux de l'élection présidentielle 2007 : un parti socialiste niant en bloc, ou presque, l'impact négatif des 35 heures sur les salaires réels et une droite exploitant cette dénégation en affichant son "travailler plus pour gagner plus" aujourd'hui passé sous silence... Mais, de grâce, que l'on cesse de prétendre que les 35 heures ont détruit l'économie française !

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mercredi 11 août 2010

Cumul des mandats : une mesure passée inaperçue. Pour l’instant...

La discussion parlementaire sur le projet de réforme territoriale a accouché d’une mesure à peu près passée inaperçue. Peut-être parce qu’elle fut adoptée au cœur de l’été, la dernière nuit du dernier jour des débats au Sénat.

Inaperçue... pour l'instant. Car elle ne manquera pas de susciter beaucoup de commentaires dans les prochaines semaines, toutes couleurs politiques confondues.

Le nouvel article 1er bis C du projet de réforme territoriale introduit en effet de nouvelles règles en matière d'incompatibilités : l'autre appellation du cumul des mandats, auquel 61% des élus locaux interrogés par l'IFOP en 2006 affirmaient vouloir mettre fin.

Si elle était confirmée en l'état par l'Assemblée Nationale, dès la session extraordinaire qui débutera le 7 septembre, la disposition introduite par le Sénat viendrait rien moins que bouleverser les règles de ce qu'un de mes anciens professeurs de l'IEP de Bordeaux appelait le système local.

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lundi 21 juin 2010

La réforme territoriale hypothéquée au Sénat

A lire sur Maire-Info, la très sérieuse publication de l'Association des Maires de France (AMF): la commission des lois du Sénat, en rejetant mercredi 16 juin le mode d'élection du conseiller territorial au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, a fortement hypothéqué la réforme territoriale.

Conséquence de ce rejet, cet article n'existe plus. Les sénateurs doivent en effet travailler en séance sur le texte approuvé par la commission. Si le gouvernement veut le réintroduire, il faudra qu'il le fasse par amendement.

L'article a été rejeté par 27 voix contre 21. Les sénateurs Union Centriste ont voté contre, joignant leurs voix aux sénateurs du Parti socialiste, du CRC-SPG (communistes et Parti de gauche) et du RDSE (à majorité radicaux de gauche).

« C'est un tournant dans le débat », a déclaré à l'AFP le socialiste Jean-Pierre Sueur, farouchement opposé à la création du conseiller territorial qui devrait remplacer, à partir de 2014, le conseiller général et le conseiller régional. « Le gouvernement serait bien inspiré de nous entendre », a-t-il ajouté.

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