La dernière livraison de l'OFCE tord le cou à une idée reçue : la mise en oeuvre des 35 heures, par le gouvernement de Lionel Jospin, n'a en rien dégradé la compétitivité des entreprises françaises à l'international. Au contraire! Elle l'a maintenue à flot alors que, dans le même temps, certains de nos partenaires, à l'image de l'Italie, déccrochaient sérieusement.
"Loin des idées reçues, affirme l'OFCE, au cours de la période suivant la mise en place des 35 heures, l’évolution de la compétitivité a été bien plus favorable en France que chez la plupart de ses voisins européens, grâce à une modération salariale et d’importants gains de productivité dans l’industrie (+2,4 % annuels sur la période), secteur qui est le principal contributeur aux échanges commerciaux mondiaux."
Le déccrochage de la compétitivité française, note l'OFCE, n'est intervenu qu'au tournant de l'année 2003... et se prolonge aujourd'hui encore.
Le vrai paradoxe des 35 heures est d'avoir boosté la compétitivité internationale des entreprises française aux dépens des salariés qui subirent alors une réelle et profonde modération salariale. On peut même dire que la modération salariale fut la condition implicite de la réussite des 35 heures et de son application par les entreprises.
Et l'on retouve là les enjeux de l'élection présidentielle 2007 : un parti socialiste niant en bloc, ou presque, l'impact négatif des 35 heures sur les salaires réels et une droite exploitant cette dénégation en affichant son "travailler plus pour gagner plus" aujourd'hui passé sous silence... Mais, de grâce, que l'on cesse de prétendre que les 35 heures ont détruit l'économie française !