La face cachée des nouvelles résidences...
Par Florent Boudié le mardi 15 janvier 2008, 07:19 - Urbanisation - Lien permanent
Combien sont-elles? Pineuilh a vu des résidences neuves, des résidences "champignon", se construire un peu partout sur son territoire. 75 logements ici, 120 là-bas, dont beaucoup ne sont toujours pas occupés, 1 voire 2 ans, après leur construction... Il n'est qu'à voir les banderolles qui s'affichent à l'entrée du Parc Montaigne, à quelques pas de la Mairie, ou bien le long des deux nouvelles résidences construites rue Théodore Toulouse: "à louer", "logements disponibles"... Après la frénésie de construction des dernières années, oui, il est temps de dresser un premier bilan.
Derrière les publicités paradisiaques des promotteurs, et les discours rassurants de la Mairie, la réalité est bien différente.
Jusqu'à présent, la construction de nouveaux logements avait été maîtrisée.
Dans les années 70 et 80, Georges Gerthofer, le prédécesseur du Maire actuel, était beaucoup plus soucieux d'un développement équilibré des constructions que ne l'est la municipalité sortante. Et cette absence de maîtrise du développement de Pineuilh ne laisse pas d'inquiéter et pose plusieurs questions.
D'abord, il faut dire et redire que les pouvoirs du Maire, pour contrôler l'appétit des promotteurs immobiliers, sont considérables. Le Maire ne peut pas tout, mais il peut beaucoup. Car c'est à lui, et à lui seul, que revient la signature ou le refus d'un permis de construire. Face à un projet immobilier, un Maire peut imposer des conditions extrêmement fermes et précices : hauteur des bâtiments, type de matériaux employés pour les finitions extérieures, architecture conforme aux traditions locales, distance obligatoire vis-à-vis des riverains existants...
Rien de tel sur notre commune. A Pineuilh - avis aux promotteurs ! - il suffit de présenter un projet, il sera signé... les yeux fermés. Advienne que pourra...
Ensuite, il faut rappeler que la construction de nouveaux lotissements n'est pas un jeu à somme nulle pour le budget municipal : elle a un coût pour la commune, et donc pour l'ensemble des contribuables que nous sommes.
Un exemple: la Mairie a accepté de devenir propriétaire, dans quelques mois, de la totalité de la voirie, des espaces verts et de l'éclairage du lotissement "Parc Montaigne". Dès cette année, donc, ce sont les services municipaux et le budget communal qui devront assumer les charges nouvelles liées à l'entretien de ces espaces désormais "publics". Avant de prendre une telle décision, la municipalité en a-t-elle évalué le coût précis pour les Pineuilhais?
Enfin, troisième remarque, l'absence totale de concertation avec les riverains. A Pineuilh, il ne fait pas bon vivre dans une maison individuelle située en bordure d'un terrain vierge de constructions.
A n'importe quel moment, sans que vous en soyez averti, sans qu'un élu municipal ne daigne se déplacer pour tenir compte de votre opinion, un nouveau lotissement jouxtant votre propriété est peut-être en cours de signature sur le bureau du Maire... Le plus étrange étant que nombre de constructions se bâtissent actuellement sur des terrains autrefois classés en zones inondables.
Un autre point mérite d'être souligné: la plupart des grands lotissements construits ces dernières années ont été bâtis à la va-vite, sans cohérence sur le plan de l'aménagement urbain.
Comment prétendre organiser et structurer une commune, c'est-à-dire la développer en ayant une vision à long terme, en implantant des lotissements aux quatre vents?
Comment prétendre être un Maire-bâtisseur raisonné et responsable quand on accepte la construction de lotissements parfois au milieu d'un champ (Chemin de la Tapie), parfois au bout d'une impasse (Allée des Mésanges), sans anticiper les conséquences sur le plan du trafic automobile, de l'aménagement des voiries, des trottoirs ou, plus simplement, sans repenser le ramassage scolaire et le transport des personnes âgées. Autant d'investissements et de coûts qui reviendront comme autant de boomérangs fiscaux dans les années à venir...
A cela s'ajoute la mauvaise qualité des constructions neuves elles-mêmes: interrogez les artisans maçons de Pineuilh, ils vous diront la piètre qualité des matériaux employés. Et l'on en vient là à un autre problème de taille: la situation dans laquelle se trouvent les locataires des nouvelles résidences.
Samedi après-midi, j'ai passé un long moment à discuter avec une douzaine de locataires du "Parc Montaigne": électricité non-conforme, plafonds craquelés, murs fissurés, appartements non raccordés au réseau des eaux et assainissement, celliers non construits mais bels et biens facturés dans les charges locatives, problèmes de sécurité...
La municipalité en est informée, a reçu des dizaines de courriers: jamais elle n'a daigné se déplacer, ne serait-ce que pour mesurer l'étendue des dégâts et connaître la situation concrète vécue par les locataires, c'est-à-dire par administrés et des contribuables de Pineuilh.
Réponse du Maire et de ses élus: cela ne nous concerne pas et relève du domaine privatif. Autrement dit: "nous avons signé les permis de construire, nous avons accepté la construction de tel ou tel lotissement, maintenant, cela ne nous regarde plus"!
Pourtant les solutions existent.
Concernant la mise aux normes des réseaux électriques ou le raccordement au réseau des eaux et assainissement, la responsabilité de la Mairie est directement engagée. Il lui revient, en effet, sur la foi des témoignages établis par les locataires, de dépêcher un agent administratif assermenté pour dresser un procès verbal des malfaçons et alerter le procureur de la République qui devra lancer une enquête.
Et lorsqu'il s'agit de problèmes locatifs, et donc privatifs, il revient au Maire d'exercer toute son autorité de premier magistrat de la commune, par exemple en convoquant les gestionnaires immobiliers pour leur dire une chose simple: si vous ne répondez pas aux demandes légitimes des locataires, nous ne signerons plus aucun des permis de construire que vous entendez déposer sur la commune.
C'est le genre d'arguments que les promotteurs immobiliers comprennent parfaitement!
Commentaires
Bonjour,
NB, je met ce commentaire ici car ne savais pas ou le mettre mais il concerne les infos latérales de votre blog, qui ne sont, semble t'il pas ouverte aux commentaires.
Avez vous bien étudié le projet avant de vous prononcer pour une piscine simple ? La rentabilité d'un tel investissement à long terme pour la commune (ou communauté de communes plus précisément) ? Avez vous des études/statistiques qui pourraient contredire qu'à long terme un complexe aquatique serait moins déficitaire qu'une piscine simple et donc plus rentable tant pour la commune que pour le contribuable ?
Bref, avez vous sérieusement étudié les tenants et aboutissants d'un tel projet (tourisme, attrait pour le Pays Foyen et tous les hébergeurs de la région, entre autre...) ou est-ce simplement un argument électoral pour aller dans le sens d'un référendum qui n'a reçu que peu de votant dans un contexte d'un projet mal étudié et mal présenté qui semble pouvoir être mis en place sans autant d'incidence financière pour le contribuable Foyen.
De plus, contrairement à ce que vous laisez entendre dans : "CONFRONTER SANS ATTAQUER", le projet de complexe aquatique est un projet de la Communauté de communes et non de la commune de Pineuilh seule. Bien que Mr Chalard ait 2 casquettes, attention à ne pas tout mélanger au risque de ne plus être crédible.
Quelque soit votre réponse, merci pour la mise en place de cet espace de discussion interessant.
PS: je trouvais la présentation précédente de votre blog mieux que celle-ci qui est plus commune et pas forcément plus pratique.
LES PRATIQUES A L'ENCONTRE DES LOCATAIRES de résidences privées à pineuilh
L'identité du bailleur ?
Connaître l'identité des deux parties à un contrat paraît évident et pourtant persiste une pratique qui ne privilégie pas la transparence, et qui entrave la résolution rapide de problèmes locatifs. Cette dérive pèse sur nombre de relations bailleur-locataire.
En effet, lorsque le bien est confié en gestion à une agence, il arrive que les coordonnées complètes du propriétaire, nom et domicile n'apparaissent pas sur le contrat de location.
Au locataire qui recherche cette information, il est souvent répondu que son seul contact est le gérant, représentant du propriétaire. Or, mentionner les coordonnées du mandataire ne dispense pas d'indiquer celles du bailleur.
Il s'agit d'une mention obligatoire du bail qui doit préciser "le nom ou la dénomination du bailleur et son domicile ou son siège social ainsi que (et non "ou"), le cas échéant, ceux de son mandataire" (art. 3, loi du 6 juillet 1989 modifiée par la loi du 21 juillet 1994).
Certes, la gestion courante revient à l'agence, mais avoir deux interlocuteurs au lieu d'un seul peut être utile pour la bonne circulation des informations.
Pour les "petits" litiges, fréquents sur les réparations, les charges ou le dépôt de garantie, le locataire pourra ainsi tenter de concilier directement avec son bailleur ; voire saisir la Commission Départementale de Conciliation devant laquelle la présence effective des parties est systématiquement recherchée et encouragée, même si la représentation est permise.
Enfin, sur le terrain de la procédure, notamment la saisine simplifiée du juge, il sera indispensable de connaître l'identité du bailleur. La demande ne peut être formulée à l'encontre de l'agence.
voir le site du collectif de défense
Cher Léo,
Malheureusement, le logiciel que j'utilise pour éditer le site internet ne permet pas d'ouvrir les textes "latéraux" aux commentaires. Je suis sincèrement désolé, mais je ne peux faire autrement... Je vous suggère donc de réagir dans les espaces de commentaires liés aux articles, comme vous l'avez d'ailleurs fait.
Concernant vos remarques, je peux par exemple vous préciser qu'une communauté de communes du Nord de la France, dont je connais personnellement le directeur, a réalisé une piscine couverte, dotée d'un bassin principal de 600 m3, pour un coût total de 1 million d'euros, soit 3 fois moins que le projet de complexe nautique que la communauté de communes du Pays Foyen semble a nouveau vouloir sortir des limbes. Je précise que le coût de fonctionnement de cette piscine publique s'élève à 120000 euros par an, soit à peu près autant que la subvention déquilibre que la communauté de communes devrait reverser au délégataire privé de service public si le complexe nautique devait voir le jour.
Par ailleurs, je ne nie pas que le dossier du complexe nautique a bel et bien été porté par la communauté de communes, même s'il est vrai que l'initiative en est au départ revenue à l'actuel Maire de Pineuilh. Ce qui me choque, dans cette affaire, c'est que le Maire de Pineuilh puisse annoncer, en tant que président de la communauté de communes, qu'une nouvelle étude a été commanditée auprès d'un cabinet d'architectes pour relancer le projet de complexe nautique (c'est bien le terme employé par lui), pourtant clairement rejeté par référendum. Ce n'est pas ma conception de l'action publique.
Enfin, vous l'aurez compris, lorsque je défends le projet d'une "piscine simple", je parle évidemment d'un projet porté par la communauté de communes du Pays Foyen et je compte bien défendre ce projet au sein de la communauté, projet moins coûteux, plus accessible et réaliste, si nous devions être élus.
Pour terminer, je me permets de vous rappeler une réalité constatée dans toutes les municipalités ou communautés de communes: une piscine publique, en délégation de service publique ou en gestion directe, n'est jamais rentable et nécessite systématiquement une subvention d'équilibre. Mais j'ajoute également que l'histoire récente nous montre que lorsque les délégataires privés de complexes nautiques ne parviennent pas à assumer l'objectif d'équilibre financier, ce qui est très souvent le cas, il revient en dernier lieu aux collectivités publiques, et donc aux contribuables, de combler le manque à gagner par le délégataire... Ce qui est un risque à long terme que je ne souhaite pas voir assumer par la communauté de communes du Pays Foyen.
Espérant avoir répondu à vos interrogations,
Bien à vous.
Florent Boudié
demander au maire actuel pourquoi au 65 rue théodore toulouse ou est le permis de construire et d'agrandir
bonsoir, je suis actuellement locataire dans la residence du parc montaigne avec des de finitions douteuxes dans mon appartements, je suis allée voir Mr chanseaux, adjoint "principal" (drole de fonction: ce poste n'existe pas!). je lui ai parlé de mon problème celui-ci ma fait comprendre qu'il se fichait de mon problème (voir le fameux discourt du 12 janvier 2008 aux voeux de Monsieur CHALARD). je crois que cet adjoint est très très rétro et indifférent à nos problèmes donc je souhaitais dénoncer ce fait sur votre blog
je suis allée à la mairie pour avoir une aide réponse de chanseau "moi je suis contre le social, le faux social ce n'est pas pour moi debrouillez vous..." je voulais juste attirer son attention sur les malfaçons des bâtiments et certaines incohérences de la part de la mairie. pour moi, une mairie est une maison commune où l'on doit écoute et compréhension
Félicitations pour avoir abordé ce problème de constructions neuves "sauvages" sans aucune concertation avec les pineuillais. Je suis totalement d'accord avec votre analyse. Je compte sur vous pour y apporter un remède. Bon courage.